Il y a un an, je me suis décidé à passer le permis moto.
Le fameux permis A qui me permettrait d'accèder à ces
fabuleuses montures... Voici un petit compte-rendu de mon
expérience... J'espère qu'il pourra vous aider à vous
décider à votre tour !
- Quelle moto-école choisir ? - |
Quelle moto-école choisir ? Difficile question : tout n'est
pas qu'une question de tarif... Même si certains proposent
des prix très intéressant, il ne faut pas oublier que la
formation est une relation entre vous et votre moniteur.
L'idéal étant bien entendu d'une part d'avoir des leçons
particulières et d'autre part de bien s'entendre avec votre
formateur.
A mon avis, les moniteurs intéressants sont ceux qui sont
passionés par la moto : c'est pour vous l'assurance
d'avoir des conseils qui vous seront utiles par la suite mais
aussi celle d'une formation pleine de bon sens.
A fuir absolument, les moto-écoles "usines" qui prennent
trois apprentis pilotes par moniteur avec une ou deux motos...
Dans ces conditions, c'est sûr que votre séance de "plateau"
vous sera peu profitable !
- Comment se déroule la formation ? - |
Si vous avez de la chance, c'est à dire si vous avez passé
le code moins de cinq ans auparavant, vous serez dispensés de le
repasser. Dans le cas contraire, c'est une étape obligée...
J'en suis passé par là, il n'y a rien de bien compliqué, il faut
juste se mettre dans la tête le principe des questions : oublier
que l'on a déjà conduit avant, juste de la théorie ! En une dizaine
d'heure, vous serez probablement près pour être présenté à l'examen...
Rien de dramatique !
Coté budget, il faut prévoir d'une part le prix des leçons (éventuellement
si vous êtes concernés, le passage du code) et d'autre part un équipement
de protection minimal obligatoire : casque, gants et chaussures montantes.
Pour la moto école, comptez avec le passage du code entre 4500 et 6000 F,
suivant la moto-école et votre rapidité d'apprentissage.
Pour l'équipement, un casque vaut entre 1500 et 5000 F suivant les modèles...
N'hésitez pas à en prendre un qui soit confortable (éventuellement avec
les garnitures intérieures démontables et lavables mais là,
vous êtes dans le haut de la fourchette), c'est un peu plus cher
mais de toutes façons, vous le garderez après la formation ! Pour les gants,
prenez les en cuir (ça protège le votre en cas de chute) et comptez 250 F.
Je vous recommande également d'investir dans un blouson moto (pas forcément en cuir),
ca protège en cas de chute ou glissade... et surtout, ca vous évitera de vous geler
pendant deux heures sur la moto si vous avez la chance de traverser un orage !
Pour ma part, une fois que j'ai eu l'impression d'avoir passé une heure sur la moto
en portant juste une paire de gants (le reste était trempé), j'ai couru m'acheter
un blouson et un pantalon de pluie (coût : 1500 F) !!!
Au total, celà va chercher dans les 8000 F pour la formation et un équipement
déjà correct.
La partie nommée "plateau" se décompose en trois parties indépendantes. Toutes
les trois sont notées, une chute à l'une d'elle est éliminatoire et il faut une
note minimale pour avoir l'examen.
La poussette :
Il s'agit de pousser la moto en étant à coté selon une figure imposée entre des plots.
Rien de bien compliqué, c'est juste une question d'équilibre... et ça servira plus
tard à garer la moto.
Le lent :
Il s'agit de circuler entre des plots à allure réduite (sur le ralenti de la première)
avec et sans passager. C'est là que j'ai douloureusement appris que la moto suivait
inexorablement le regard du pilote... voir même sa tête entière. C'est à mon avis la
partie la plus délicate de l'apprentissage. Il faut apprendre à manier en douceur
les presque deux cent kilos de la bête et la moindre erreur se paie comptant : vous
finissez par écraser un plot.
Les risques de chute, bien qu'existants, ne sont pas très importants... Et au pire,
compte-tenu de la faible allure de la moto, vous ne risquez pas grand chose !
Celà vous servira plus tard à remonter les files de voitures, vous garer, etc...
Le rapide :
Pour cette partir, il faut slalomer entre des plots en un temps donné (borné par un
maxi et un mini). Au bout, vous faîtes demi-tour, vous refaites le parcours en sens
inverse avant de terminer par une manoeuvre d'urgence (évitement, freinage ou rétrogradage).
En soit, le slalom n'est pas très difficile, par contre c'est un peu plus dur pour le
faire tenir ssytématiquement dans le temps imposé ! Comme toujours, ce n'est qu'une
question d'entrainement et de concentration.
La manoeuvre d'urgence en bout de piste est un peu plus délicate à aborder :
on manque de repères quand à l'adhérence d'une moto, sa stabilité... Bien qu'indispensable
(ca sert à éviter les portières qui s'ouvrent devant votre nez, les abrutis qui s'arrêtent
à un stop et démarrent juste quand vous arrivez - si si, ça existe j'en ai déjà rencontrés !),
elle demande un certain doigté (je le sais, après un évitement à gauche, j'ai freiné comme
un sourd et je me suis retrouvé projetté par terre avec un aterrissage forcé sur mon épaule...
résultat, trois mois sans pouvoir remonter !)
En regard de la première partie, la circulation est simple, surtout si vous avez déjà roulé
en voiture. A part pour les changements de direction, le placement est similaire à celui
d'une voiture. Quand vous voulez tourner, il suffit juste de vous placer du côté de la chaussée
où vous souhaitez aller après avoir contrôlé visuellement que personne ne vous en empêche.
Comme le moniteur vous suit en voiture, vous n'avez pas à vous faufiler entre les voitures...
C'est laissé à titre d'exercice (périlleux au début) pour plus tard !
Comme pour les leçons, l'examen se déroule en deux parties indépendantes : le plateau et
ensuite, la circulation. L'un comme l'autre ne sont pas compliqués une fois les principes
de base acquis... De toutes façons, on vous demande strictement la même chose sauf que la piste
est un peu différente : elle est en pente et dans mon cas, elle était jonchée de détritus
végétaux la transformant en une quasi-patinoire...
Une fois le permis obtenu, voici le temps de chercher une moto... d'occasion (c'est
moins cher à l'achat, en assurance... bref ça permet de se faire la main à moindre frais).
Direction les petites annonces et les garages pour dénicher l'occasion révée ! Attention,
compte tenu de votre manque d'expérience, vous aurez beaucoup de mal à assurer une grosse
sportive ou à des prix délirants... Il vaut donc mieux vous tourner vers un modèle
estampillé "jeune permis". D'un, vous aurez une machine facile d'accès et de deux, vous
pourrez facilement vous faire assurer. Et puis si vous avez peur de trouver trop molle
une machine qui n'affiche que 50 chevaux et quelques 500 ou 600 centimètres cubes,
sachez que la mienne monte à 180 km/h... Beaucoup moins rapidement certes que des machines
plus puissantes mais c'est déjà largement suffisant pour apprendre et se faire peur !
Les kilomètres et l'habitude aidant, on s'enhardi jusqu'à commettre quelques erreurs
si on ne s'est pas fait surprendre avant par la manoeuvre dénuée de bon sens d'un autre
usager de la route. En effet, en moto, comme on circule de façon beaucoup plus fluide
qu'en voiture, il arrive qu'ils ne nous voient pas ou qu'ils ne pensent pas à nous.
C'est alors le temps de la première chute... et de la casse qui va avec. Tant que ce n'est
que matériel, il n'y a rien de grave à part que vous allez constater que les pièces
détachées sont horriblement chères... sans parler du coup horaire de la main d'oeuvre
(si, c'est franchement pire que pour les automobiles !). D'où l'intérêt de choisir
une moto répendue : vous trouverez beaucoup plus facilement les pièces dans les casses
à un coût nettement moindre.
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