Au mois de février 2001, je suis parti une semaine au Québec pour faire un raid en
motoneige au milieu de la forêt et des lacs. Voici un petit aperçu de mon expérience.
Les motoneiges sont le plus souvent à base de moteur 2 temps. La puissance
se trouvant dans les hauts régimes, cela signifie également que c'est assez
bruyant. La cylindrée varie entre 380 et 800 cc et la vitesse de pointe
entre 90 et 190 Km/h...
Les motoneiges sont conçues autour d'une chenille à l'arrière pour la
propulsion et deux patins à l'avant pour la direction. Le tout est monté
sur des amortisseurs supportant le chassis.
Les commandes de l'engin sont assez simples :
- Un accélérateur commandé avec le pouce de la main droite
- Un frein bloquant la chenille, censé ralentir l'ensemble
- Un guidon permettant de tourner
- Des poignées chauffantes... ca évite de se cailler les doigts
Un dernier conseil, si vous partez, privilégiez les formules où l'essence et l'huile
sont comprises... En effet, la consommation de carburant est de 20 litres pour 100 kilomètres ;
et pour l'huile, de 5 litres pour 1000 kilomètres...
- L'équipement du motoneigiste - |
La fonction première de l'équipement est de protéger des agressions
extérieures et donc surtout du froid. En effet, 20° en dessous de zéro
est une température courante ; a celà, il faut ajouter le vent lié à la
vitesse qui peut facilement faire chuter la température de quelques dizaines
de degrés...
Bottes et mouffles isothermes sont donc de rigueurs. De même qu'une combinaison
épaisse pour couper le vent et garder la chaleur. En outre les canadiens adoptent
un habillage en pelures d'oignons (de nombreuses couches de vétements fins supperposées)
qui permet de s'adapter à la température et à l'effort fourni (il suffit d'ajouter
ou de retirer des couches). Personnellement, je suis plutôt frileux, toutefois
avec un tel harnachement, je n'ai même pas eu vraiment froid...
Pour parachever l'équipement, un casque est nécessaire : ca permet de protèger
la tête en cas de chute, ou le plus souvent des branchages un peu trop bas.
Les paysages sont composés de deux éléments simples : des arbres et de l'eau (sous toute ses formes).
La plupart des endroits où nous sommes passés étaient constitués de collines valonnées et couvertes
de forêt d'arbres assez jeunes
(sapins ou bouleaux) au milieu desquels sont tracés de nombreux chemins sineux ou routes forestières.
Il y a également les lacs, gelés à cette époque de l'année, qui permettent de faire des pointes
de vitesse (le plus grand que nous ayons traversé faisait 11 km de largeur et le tour, quelques 1800 km...)
Les chemins sont plus ou moins régulièrement dammés. Le dammage est fait par le club de motoneige local
au moyen d'une dammeuse (comme pour les pistes de ski - une vignette obligatoire permet à l'état de les
subventionner). En effet, la plupart des motoneiges ne peuvent
pas circuler dans une neige poudreuse qui n'aurait pas été tassée : en raison du poids de l'engin
(200 kg), elles ont une facheuse tendance à s'enfoncer.
Le pilotage est assez simple : en serrant progressivement l'accélérateur, on accélère progressivement.
Il n'y a pas de vitesses à passer, comme sur les scooteurs, il y a un variateur qui se débrouille
tout seul. Pour freiner, ça se complique un peu : il faut lacher l'accélèrateur et se servir de
la poignée de frein... C'est simple, par contre il ne faut pas oublier qu'on circule sur de la neige
ou pire, de la glace, et que l'adhérence est proche de celle d'une peau de bananne... Un seul mot
d'ordre : ANTICIPER.
Pour tourner, il suffit de ralentir à l'entrée du virage, tourner le guidon dans la direction
où l'on souhaite aller et réaccélèrer progressivement en sortie de virage. Le corps n'a même pas
besoin de bouger pour accompagner la moto... C'est comme avec une voiture, sauf qu'à la place
du volant, on a un guidon !
Quelques jours après, l'assurance venant, les virages devenant un peu plus sportifs,
le pilotage se complique un peu... On commence à essayer de passer le plus
rapidement possible les enchainements de virages... les patins décolles, la moto glisse,
la neige vole (parfois le pilote aussi)... Un régal !
Pour tourner, on ne se contente alors plus d'utiliser le guidon. Avec la vitesse,
en utilisant, soit le poids de la moto, soit le contrebraquage, on peut facilement
déraper. Dérapage qui se contrôle en dosant l'accélérateur : un peu plus fort, la moto
continue de déraper, un peu moins et elle reprend de l'adhérence...
Le pilotage ne ressemble pas vraiment à celui d'une moto 'normale'. C'est vrai que
la position est la même mais comme on ne peut pas incliner la moto dans les virage, le
pilotage ressemble beaucoup plus à celui d'un quad ou même d'une voiture.
Comme avec tout véhicule utilisé par les motards, le motoneigiste
est sujet aux gamelles.
Elles sont dues le plus souvent à une seconde d'inatention (le paysage
est superbe...) et sont rarement graves...
La gamelle la plus courante consiste à rater un virage, soit car on ne
l'a pas vu... soit par excès d'optimisme : on a un peut trop
élargi la courbe et on finit dans le fossé.
Par chance, seule la piste est dammée, ce qui signifie qu'un tour dans le
fossé revient tout simplement à s'embourber jusqu'en haut du guidon dans
la poudreuse... Si l'on coupe les gaz, le seul moyen de s'en sortir rapidement est
de s'y mettre à trois et tirer la motoneige en dehors du fossé par les patins
avants (d'ailleurs équipés de poignées très pratiques... a croire qu'elles ont été
conçues pour ça !)
D'autre fois, les sorties de pistes peuvent être plus spectaculaires : un tout
droit dans un virage peut se traduire par un vol plané de plusieurs mètres
entre les arbres... J'ai testé pour vous, ca calme !!! Heureusement, Sainte Gamelle
veillait cette fois là...
Ou encore celle-ci... mais cette fois, ce n'est pas moi !
|